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 Animaux et leur symbolisation

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Sarani
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MessageSujet: Animaux et leur symbolisation   Ven 28 Nov - 13:10

alar-/alarco- (cygne)

Dans la mythogie celtique et même au delà, les oiseaux sont les messagers de la déesse, ils lui appartiennent et elle peut même s'incarner en eux, soit un individu, soit un groupe. Comme tout ce qui appartient à la déesse, le symbole est double, faste et néfaste, que l'on appelle ou conjure par les rites. Ainsi le retour des grands migrateurs en Mai, les cygnes et les grues sont les plus marquants dans les mythologies et le retour de ces oiseaux, annonciateurs du renouveau de la nature et aussi du retour au travail des champs et des navigations, était interprété par les augures, suivant les signes, comme faste ou néfaste pour toute la saison claire.

Alauda (alouette)

Cet animal est sacré pour les Gaulois et représente le juste milieu entre les hommes et les dieux, et est donc considéré comme un oiseau de bon augure. Son nom celtique est alauda. Jules Cèsar lors de la guerre civile, utilisera une légion gauloise : la legio alauda. Cette dernière doit son nom, soit en rapport avec la vivacité de cet oiseau, ou à sa valeur sacrée.

Alco- (élan)

Artos (ours)

L'ours est l'emblème ou le symbole de la classe guerrière et son nom (celt. commun artos, irl. art, gall. arth, bret. Arzh) se retrouve dans celui du souverain mythique Arthur (artoris, voir le symbolisme d'Arthur), ou encore dans l'anthroponyme irl. Mathgen (matugenos né de l'ours). Il s'oppose symétriquement au sanglier qui est le symbole de la classe sacerdotale. Dans le conte gallois de Kulhwch et Olwen, Arthur chasse le Twrch Trwyth et ses petits. Or cet animal est un sanglier blanc et la lutte, qui dure longtemps (neuf jours et neuf nuits), exprime la querelle du Sacerdoce et de l'Empire. Elle est inverse toutefois en Irlande dans le récit de la Mort des Enfants de Tuireann, où ce n'est plus le sanglier sacerdotal qui ravage les terres du souverain, mais les représentants de la classe guerrière qui assassinent Cian, le père de dieu Lug, caché sous l'apparence d'un porc druidique. On a même en Gaule une déesse Artio (à Berne, dont le nom est toujours celui de l'ours) qui, symboliquement, marque mieux encore le caractère féminin de la classe guerrière. On peut noter aussi que les Gallois nomment cerbyd Arthur ("chariot d'Arthur") les constellations à symbolisme polaire de la Grande et de la Petite Ourse.
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Sarani
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Ven 28 Nov - 19:41

Baidos (sanglier)

Banuos (jeune porc/porcelet/goret)


Le cochon est la viande et l'aliment de base chez les Celtes qui le consomment bouilli. Cet animal fait la renommée des Gaulois dès que ces derniers découvent le moyen de le préparer sous la forme de charcuterie. Au niveau rituel, les druides laissent pourrir les carcasses de cochons dans des creusets creusées à l'entrée des Nemetons. Les chairs, alors en décomposition, permettent d'ensemencer symboliquement la terre. La légende raconte que Pwyll garde des cochons magiques destinées au banquet divin.

Bardala (alouette huppée)

Bebros (castor)

Becos (abeille)


Chez les celtes, l'abeille représentait la sagesse et l'immortalité de l'âme. L'hydromel tiré du miel était une de leurs boisons préférées, qui a d'ailleurs donné le nom de l'ivresse : medu-. Le nom gaulois de l'abeille pourrait être : *becos (forme déduite). En droit irlandais, le bechbretha (*becco-britu : jugement des abeilles), désigne le droit qu'a sur les ruches sauvages, le propriétaire d'un terrain (voir : propriété perdue).

Bledinos/bledios (loup/lupin)

Bo-/bou- (bœuf/vache)


D'après les légendes, le boeuf sacré associé à la déesse mère, Brun de Cualngé, a un mugissement qui donne un sommeil paisible à ceux qu'il l'entendent. Les Gaulois mangent très peu de cet animal et préfère le cochon d'élevage...


Boduos/boduo- (corneille)


La corneille ou Bodb est, en Irlande, l'un des noms de la déesse de la guerre qui, du reste, apparaît souvent sous cette forme. Elle peut, à son gré, se transformer en de nombreux animaux, et c'est ce qu'elle fait pour combattre Cuchulainn qui a repoussé ses avances. On en retrouve le nom en Gaule dans le théonyme Cathubodua, la corneille du combat.

Branos/bran-/branno- (corbeau)

C'est le symbole de la souveraineté guerrière, il est -avec la corneille- souvent associé à la déesse de la guerre (la Morrigan ou la Bodb en Irlande, Cat[h]ubodua en Gaule) ou à Lug dans son aspect guerrier. A noter que le corbeau n'est pas la représentation de Lug sur terre ! En effet, Lug est un dieu lumineux alors que le corbeau est un animal noir. Rome a conservé un mythe celtique -en l'ayant toutefois historicisé- sur la fondation de la ville de Lyon (Lugdunon) : Atepomaros et Momoros, cherchant un endroit pour fonder une cité, arrivent sur l'actuelle colline de la Fourvière : soudain, une nuée de corbeaux vient se poser autour d'eux. Ils décident alors de fonder leur cité à cet endroit là. Le corbeau est un symbole guerrier, mais il est aussi celui de la chasse, de la sagesse et de la connaissance.


Broccos (blaireau)


Le blaireau dans la tradition celtique a une valeur péjorative. Sous sa forme celtique *tasgos, nous le retrouvons dans des noms de personne : Pratsutagos, Moritagos, Tasgétios, etc...


Bucco- (bouc)

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982: "L'Irlande désigne, sous le terme général de goborchind ("têtes de chèvres" ou de "boucs"), un certain nombre d'êtres inférieurs, laids et difformes, apparentés à la catégorie, plus générale encore, des Fomoire".

Notons que le mot "bouc" est d'origine gauloise *bucco-.


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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:00

Caballos : (cheval de trait)

Il est le symbole de la chasse des animaux, mais aussi celui de la guerre. Il est aussi associé à la course du soleil et à la lune protectrice. C'est sans doute le bien le plus précieux d'un Celte (voir les nombreuses histoires et représentations le mettant en scène). Epona est la déesse celtique des chevaux : les Romains l'adoptent et en font leur protectrice qu'ils représentent en amazone sur un cheval. Morvarc'h, le cheval marin (cheval de Marc'h) se déplace sur terre et sur mer sans laisser aucunes traces. Son maître le tue malencontreusement en chassant à l'arc une biche blanche qui, poursuivie sous la mer, trouve refuge chez Dahud. Cette dernière lui fait pousser les oreilles et la crinière de Morvarc'h.

La valorisation négative du symbole chthonien (relatif à la terre et au monde souterrain) fait du cheval une manifestation de la mort, analogue à la faucheuse de notre folklore. En Irlande, le héros Conal Cernach possède un cheval à tête de chien, le Rouge de Rosée, qui déchire le flanc de ses ennemis. Les chevaux de Cuchulainn, le Gris de Macha (c'est le roi des chevaux d'Irlande) et le Sabot Noir, ont une intelligence humaine : le Gris refuse de se laisser atteler au char du héros qui se prépare pour son dernier combat, et il verse des larmes de sang ; un peu plus tard, il guidera le vengeur Conal Cernach vers le corps de son maître ; le Noir, lui, va se noyer de désespoir.

Les chevaux de mort ou de cauchemar hantent le folklore celtique : le March-Malaen (malaen : latin malignus) est un des trois fléaux de l'île de Bretagne ; les Kelpies d'Ecosse sont des chevaux-démons et le folklore breton est rempli d'anecdotes ou de contes relatifs à des chevaux diaboliques, qui égarent les voyageurs ou les précipitent dans des fondrières ou des marais. Les chevaux noirs, dans ces contes, sont le plus souvent soit le diable, soit un démon, soit un damné, soit une âme en peine, ou bien ils sont la monture d'un héros de ces chasses maudites, dont le plus célèbre est sans doute le roi Arthur, condamné à poursuivre dans une course sans fin un gibier inaccessible. Il est significatif, au passage, de remarquer que dans ses plus anciennes versions, la chasse d'Arthur est accompagnée d'une meute de chiens blancs et poursuit un lièvre, animal typique lunaire. Du symbole chthonien au symbole agraire, il n'y a qu'un pas.

En Irlande, selon le récit d'un témoin oculaire, rapporté par Frazer (G.J. Frazer, The Golden Bough, London 1911-1915, 10, 203), au cours d'une cérémonie des feux de la Saint-Jean, après que tous les paysans eurent sauté par-dessus les braises, on vit apparaître une grande construction en bois d'environ huit pieds de longueur, munie à l'une de ses extrémités d'une tête de cheval, et recouverte d'un grand drap blanc qui cachait l'homme qui la portait. On l'accueillit pas de grands cris : Le Cheval Blanc ! Le Cheval Blanc ! Le masque sauta par-dessus le feu, puis se lança à la poursuite des spectateurs. Quand le témoin demanda ce que représentait le cheval, on lui répondit : tout le bétail. Le cheval est donc devenu le symbole de toute abondance, ce qu'expliquent son dynamisme et sa force impulsive et généreuse.

Dans les rites d'intronisation des rois d'Irlande, au XII° siècle, le futur roi, au cours d'une cérémonie solennelle, devait s'unir à une jument blanche. Celle-ci était ensuite sacrifiée et sa chair, bouillie, partagée dans un festin rituel, auquel le roi seul ne prenait pas part. Mais il lui fallait ensuite se baigner dans le chaudron contenant le bouillon de l'animal. L'analyse de ce rite est éloquente. Il apparaît en effet que, par leur accouplement, l'homme et la jument reproduisent le mariage ourano-chthonien ; le futur roi se substitue à la divinité céleste pour féconder la Terre, représentée par la bête. Mais, dans la dernière épreuve de ce rituel, celle du bain de bouillon, il opère un véritable regressus ad uterum : le chaudron représente le ventre de la Terre-Mère et le bouillon les eaux placentaires. De ce bain, au caractère typiquement initiatique, le futur roi renaît, ayant reçu, comme au cours d'une seconde gestation, communication des pouvoirs les plus subtils, les plus secrets, de la Terre-Mère qu'il avait éveillée sous la forme de la jument. Il quitte par cette double opération la condition humaine pour se hisser au niveau du sacré, inséparable de la condition royale. Le cheval de guerre est omniprésent dans les épopées celtiques. Il est souvent caractérisé par sa robe alezane, couleur de feu. On a retrouvé dans un trésor celtique, à Neuvy-en-Sulias (Loiret), un cheval votif accompagné d'une inscription au dieu Rudiobus (le Rouge) : c'est le cheval roux de l'Apocalypse, annonciateur de guerre et d'effusion de sang


Caerac- : (brebis)

Le symbolisme de la brebis n'est pas différent de celui du mouton ou de l'agneau, lequel dépend étroitement du symbolisme courant dans le christianisme. Le récit gallois du Mabinogi de Peredur dépeint deux troupeaux de moutons, les uns blancs, les autres noirs, séparés par une rivière. A chaque fois que bêlait un mouton blanc, un mouton noir traversait l'eau et devenait blanc ; à chaque fois que bêlait un mouton noir, un mouton blanc traversait l'eau et devenait noir. Sur les bords de la rivière, qui symbolise probablement la séparation entre le monde terrestre et l'Au-Delà, se dressait un grand arbre, dont une moitié brûlait depuis la racine jusqu'au sommet et dont l'autre portait un feuillage vert. Les moutons blancs devenant noirs symbolisent les âmes descendant du ciel sur la terre; les moutons noirs devenant blancs figurent au contraire celles qui montent de la terre vers le ciel. Mais il n'est pas certain qu'un tel symbolisme soit antérieur au christianisme ; il peut représenter l'adaptation du principe, formulé par César, suivant lequel il faut une vie humaine pour que les dieux acceptent de rendre une vie humaine. C'est un des principes fondamentaux de la transmigration des âmes. Les brebis ont, d'autre part, un symbolisme maléfique et diabolique dans le récit irlandais du Siège de Druin Damghaire. Les mauvais druides du roi Cormac, roi d'Irlande en lutte contre la province de Munster et refusant de payer un tribut injuste, utilisent trois brebis noires (Eang, Engain et Errgi), méchantes, hérissées de piquants de fer, qui viennent facilement à bout de plusieurs guerriers

Caliaco- : (coq)

Le coq est connu comme emblème de fierté - ce que justifie l'allure de l'animal - et comme emblème de la France. Mais c'est une notion récente, sans valeur symbolique, fondée sur le double sens du mot gallus = coq et Gaulois. L'animal apparaît, à côté de Mercure, sur quelques représentations figurées gallo-romaines. On le trouve aussi sur des monnaies gauloises. Mais les Romains ont fait un jeu de mot entre gallus ("coq") et Gallus ("Gaulois"). C'est l'origine du coq gaulois dont la valeur symbolique traditionnelle est quasi nulle. Les caractères du coq et du Français ne sont cependant pas symboliquement sans rapport.

Camox : (chamois)

Canauos : (jeune chien, jeune loup)


Thème que nous retrouvons dans des anthroponymes tels que : Adcanaunos (monnaie arverne), Canavos (poteries de Vichy), Canavillus (inscription d'Augsbourg). Il est interprété comme désignant une jeune chien, un jeune loup. Et par extension, un jeune guerrier. Cette traduction est confortée par les équivalents insulaires. Il provient très probablement d'une racine indo-européenne *ken(H) (jeune, nouveau, récent). Notons que Xavier Delamarre (X. Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 2003) ne rejette pas pour Adcanaunos, un racine *kan- (chanter), ce qui aurait pour effet de transformer un "très jeune guerrier" en "celui qui chante beaucoup".

Canterius / cantherius (cheval hongre)

Carmon- : (belette, hermine)


"Dans tous les récits irlandais du cycle d'Ulster, la mère du roi Conchobar porte le nom de Ness, belette. C'est, au départ, une vierge guerrière. Ness peut symboliser d'une part l'affection et la vigilance et, en mauvaise part, l'inconstance ou la rouerie. Mais cela ne convient pas à son attitude initiale de guerrière farouche. Peut-être l'Irlande médiévale a-t-elle confondu le symbolisme de la belette et celui de l'hermine"
Notons que l'hermine symbolise aussi l'indomptable vierge guerrière, et que le terme gaulois pour la belette et l'hermine est *carmon. La confusion n'est-elle due qu'à l'Irlande médiévale?


Caruos : (cerf)

Un signe net de l'importance du cerf dans la symbolique celtique est la fréquence relative de son apparition dans l'iconographie ou la légende. Une divinité gauloise porte le nom de Cernunnos, "celui qui a le sommet du crâne comme un cerf". Elle est représentée sur le chaudron d'argent de Gundestrup, assise dans la posture bouddhique, tenant d'une main un torque et de l'autre un serpent, entourée d'animaux les plus divers, et notamment d'un cerf et d'un serpent. Peut-être faut-il voir dans ces bois de cerf surmontant la tête du dieu un rayonnement de lumière céleste. Un autre monument remarquable est celui de Reims où Cernunnos est représenté en dieu de l'abondance. on en connaît plusieurs autres. Cependant, il semble bien que le dieu doive être compris comme le maître des animaux. En Irlande, le fils du grand héros du cycle ossianique, Find, s'appelle Oisin ("faon"), tandis que Saint Patrick se métamorphose et métamorphose ses compagnons en cerfs (ou en "daims") pour échapper aux embûches du roi païen Loegaire : il agit ainsi en vertu de l'incantation ou procédé magique appelé feth fiada, lequel procurait normalement l'invisibilité. le symbolisme du cerf dans le monde celtique est donc très vaste et il a trait certainement aux états primordiaux. Faute d'une étude d'ensemble, on doit provisoirement se borner à relever le symbolisme de longévité et d'abondance. Les gaulois employaient de nombreux talismans, en bois de cerf, et on a noté, en Suisse, dans des tombes alémanes des ensevelissements de cerfs à côté de chevaux et d'hommes. On a rapproché le fait des masques de cerf dont étaient munis des chevaux sacrifiés dans des kourganes de l'Altaï aux V° et VI° siècles avant notre ère. En Bretagne armoricaine, Saint Edern est représenté chevauchant un cerf. Comme le renne, le chevreuil, le cerf semble avoir joué un rôle de psychopompe (qui conduit les âmes des morts) dans certaines traditions européennes, notamment chez les Celtes : le Morholt d'Irlande, oncle d'Yseult, occis par Tristan en un combat singulier, est dépeint gisant mort cousu dans une peau de cerf.

Cassica : (jument)

Terme gaulois désignant la jument. Ce terme est largement attesté par les formes celtiques insulaires. Nous le retrouvons probablement dans le nom de lieu "Le Chassis" à Neuvy-en-Sullias dans le loiret, ancien Cassiciate (*cassica-ati : le lieu des juments). X. Delamarre y voit une variété ayant soit une crinière bouclée, ou à la robe couleur bronze (Delamarre,2003)). Toutefois le terme *cassi peut aussi evoquer le combat, et nous aurions affaire dans ce cas à des juments destinées à un usage militaire.

Cattos : (chat)

Il est probablement introduit en Gaule vers le IIIe siècle av JC au temps des premiers Ptolémées (Egyptiens). Suivant qu'il est noir ou blanc, il porte malheur ou bonheur. Cependant, dans la tradition celtique, le symbolisme du chat est beaucoup moins favorable que celui du chien ou du lynx. Il semble que cet animal ait été considéré tout de même avec quelque méfiance. Cenn Chaitt "tête de chat" est le surnom de l'usurpateur Cairpre qui, occupant la royauté suprême, cause la ruine de l'Irlande. Un chat mythique punit, dans la Navigation de Mael Duin, un des frères de lait de ce dernier qui avait voulu, dans un château désert où la troupe avait festoyé, s'emparer d'un cercle d'or. Le voleur est réduit en cendre par une flamme jaillie des yeux du petit chat, lequel retourne ensuite à ses jeux. Le portier du roi Nuada, à Tara, avait également un oeil de chat, ce qui le gênait quand il voulait dormir, car l'oeil s'ouvrait la nuit au cri des souris ou des oiseaux. Au Pays de Galles enfin, un des trois fléaux de l'île d'Anglesey est, d'après les Triades de l'île de Bretagne, un chat mis bas par la truie mythique Henwen ("Vieille Blanche"). Jeté à la mer par le porcher, il fut malencontreusement sauvé et élevé par des imprudents. On peut se demander cependant si, dans tout cela, il ne s'agit pas quelquefois plutôt du chat sauvage que du chat domestique. La légende raconte que Cuchulainn reste toute une nuit aux trois chats druidiques qui l'attaquent. Le chat Perlue fut l'un des trois fléaux de l'île de Man.

Cauannos : (chouette)

Mot gaulois désignant la "chouette". Nous retrouvons dans ce mot la racine indo-européenne *kau (crier, hurler). La chouette est donc pour les gaulois, "la bête qui crie".
Elle symbolise la connaissance, la vigilance et l'espérance dans l'Autre Monde. Elle représente la lumière de la conscience druidique. La chouette fait partie des anciens du Monde, pleins de sagesse et d'expérience dans le conte apocryphe gallois du même nom. On devrait donc la ranger parmi les animaux primordiaux et il est probable qu'on peut l'assimiler au hibou. Mais ces animaux n'apparaissent pas dans le symbolisme religieux celtique. Le hibou est pris en mauvaise part sous l'influence du christianisme. Le symbolisme de la chouette, favorable, est plus ancien et probablement préchrétien. Blodeuwedd, la femme infidèle de Llew, dans le Mabinogi de Math, est transformée en hibou en punition de son adultère avec un seigneur voisin.


Ceva : (vache)

Coligno- : (petit chien / chiot)


Pour les Celtes, le chien est le messager de l'Au-Delà. Il est apprécié pour ses qualités de chasseur. On l'associe à la lune.

Dans le domaine celtique, il est aussi associé au monde des guerriers. Contrairement à ce qui se passe chez les Gréco-Romains, le chien est, chez les Celtes, l'objet de comparaisons ou de métaphores flatteuses. Le plus grand héros, Cuchulainn, est le nom du chien de Culann et nous savons que tous les Celtes, aussi bien insulaires que continentaux, ont eu des chiens dressés pour le combat et la chasse. Comparer un héros à un chien était faire honneur, rendre hommage à sa valeur guerrière. Toute idée péjorative est absente. Il n'y a pas, semble-t-il, de chien infernal analogue à Cerbère. Le chien maléfique n'existe que dans le folklore, probablement sous l'influence du christianisme : en Bretagne, le chien noir des Monts d'Arrée représente les damnés. Le héros irlandais Cuchulainn avait pour principal interdit alimentaire la viande de chien ; et pour le condamner à mourir, les sorcières, qu'il rencontre en allant au combat, lui en offrent et l'obligent à en manger. Le héros Finn est aussi flanquée de deux chiens. Ki Du, le Chien Noir de Bretagne, accompagne les morts durant lors voyage. Dans le Monde Invisible, le roi Annwf possède la meute des chiens gris. Il est nécessaire aussi de se rapporter à la symbolique du loup.

Pline, Histoire Naturelle, VII, 61, 3: "Les Gaulois en font autant avec les loups. Leurs meutes ont pour chef et pour guide un chien né de ce commerce; la meute l'accompagne à la chasse, et lui obéit ; ces animaux connaissent, en effet, entre eux la subordination."


Coredallus (alouette)

Craxantos / craxo- : (crapaud)

Cunos / cuno- : (chien / loup)

Curcio- : (héron)
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:05

Damos / damat- : (vache / cerf / daim)
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:12

Elantia : (biche)

La chasse à la biche, dans la tradition mystique des Celtes, symbolise la poursuite de la sagesse qui ne se trouve que sous un pommier, l'arbre de la connaissance. Les légendes celtiques racontent que Sapv, la mère d'Ossian (poète guerrier du IIIe siècle ap JC) fut transformée en biche par un druide. On raconte aussi que Dahud, la reine d'Ys, traquée en vain par le roi Marc'h, aime courir les bois sous la forme d'une biche blanche

Epo- / epos : (cheval de selle)

Terme gaulois désignant le cheval de selle. Ou si vous préférez le cheval qu'utilisaient les Celtes au combat, qui n'a rien a voir avec les chevaux d'aujourd'hui, le cheval de selle des Celtes ne dépassant guère 1m30 au garrot. Provient de l'indo-européen *ekwos. Nous le retrouvons dans de très nombreux anthroponymes, toponymes, et dans le nom de la déesse gauloise : Epona.

Pline, dans son Histoire Naturelle nous donne un terme gaulois, dérivé de epo-, eporedicos qui désignerait selon lui les "bons écuyers".
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:15

Gabros / gabro- : (chèvre)

Garanus : (grue)

Dans les légendes irlandaises, la grue détient des pouvoirs surnaturels. On a retrouvé des figurations de grues (époque gallo-romaine) associées à un taureau. Au dessus, on pouvait lire l'inscription TARVOS TRIGARANUS ou "le taureau aux trois grues". C'est aussi l'oiseau de la Grande Déesse et du dieu Esus.
Les échassiers, dont la grue et le héron sont dans les pays celtiques les principaux représentants, sont quelquefois nommés en concurrence avec les cygnes, à cette réserve près qu'ils sont presque toujours vus en mauvaise part, dans une fonction prophylactique. Leur symbolisme semblerait donc inverse ou contraire. Mais il est peu probable que ce symbolisme péjoratif ait prévalu aussi en Gaule, où l'on possède quelques témoignages de grues à valeur mythologique sûre.

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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:21

Iaros : (poule / poulet)

Iblio- : (épervier)

Iorcos / iurcos : (chevreuil)
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:22

Limanta : (limande)

Louernos : (renard / goupil)

Lucot- : (souris)
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:31

Mandus / mandu- : (poney / cheval / fouler)

Ce terme désigne le "cheval", mais plus particulièrement le petit cheval gaulois, haut de 1m30 au garrot. Le nom semble avoir été repris par les romains (mannus), dans le sens de "poney". Toutefois pour P.Y. Lambert le mot peut aussi signifier "fouler aux pieds / écraser", comme celà semble être le cas pour les Mandubiens.

Marcos : (cheval)

Martalos : (belette, martre)

Matu- : (ours)

Mil- / milo- : (petit animal)

Moccos : (porc / sanglier / cochon)


C'est la viande et l'aliment de base chez les Celtes qui le consomment bouilli. Cet animal fait la renommée des Gaulois dès que ces derniers découvent le moyen de le préparer sous la forme de charcuterie. Au niveau rituel, les druides laissent pourrir les carcasses de cochons dans des creusets creusées à l'entrée des Nemetons. Les chairs, alors en décomposition, permettent d'ensemencer symboliquement la terre. La légende raconte que Pwyll garde des cochons magiques destinées au banquet divin.

Multon / molton : (mouton / bélier)

Les druides font du bélier le symbole de la fertilité, de la vie en mouvement et de la création. On a trouvé en Gaule de nombreux chenêts d'argile cuite et de pierre à tête de bélier, ce qui n'est pas sans relier le symbolisme igné de l'animal et la fécondité familiale.
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:36

Orco- (petit cochon / goret)

Ortu- : (veau)

Oxso- / oxsi- : (boeuf, vache)


D'après les légendes, le boeuf sacré associé à la déesse mère, Brun de Cualngé, a un mugissement qui donne un sommeil paisible à ceux qu'il l'entendent. Les Gaulois mangent très peu de cet animal et préfère le cochon d'élevage...

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982: "Il existe une divinité gauloise, Damona, parèdre du protecteur des eaux thermales Borvo ou Apollon Borvo, et dont le nom contient le thème celtique désignant généralement les bovidés, dam. Mais le boeuf ne possèderait pas, dans le monde celtique, de symbolisme indépendant, en dehors du symbolisme chrétien usuel. Les légendes galloises témoignent cependant de l'existence de boeuf primordiaux. Les deux principaux sont ceux de Hu Gadarn, personnage mythique, qui arriva le premier dans l'île de Bretagne avec la nation des Cymry (Gallois). Avant l'arrivée de ces derniers, il n'existait en Bretagne que des ours, des loups, des castors et des boeufs cornus. Le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) nomme aussi, mais sans autre indication, des boeufs mythiques. Le boeuf jouerait alors un rôle analogue à celui du héros civilisateur."
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 22:44

Rufius : (loup-cervier)

Scublo- : (milan / écoufle)

Singi- : (faucon)


Cet animal est aussi un symbole solaire. La légende raconte que la sorcière Cerridwen, transformé en faucon, rattrape le jeune Gwion, changé en oiseau.

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982: "Dans le récit irlandais des aventures de Tuan mac Cairill, le faucon est un des états successifs de ce personnage primordial. Il correspond donc à l'aigle dans le conte mythologique gallois des Anciens Mondes. L'importance du faucon dans les lois galloises de Hywel Da (Xème siècle) serait plutôt due au développement de la fauconnerie comme mode de chasse."


Succos : (porc / cochon)
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Sarani
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MessageSujet: Re: Animaux et leur symbolisation   Mar 9 Déc - 23:04

Tarvos : (taureau)

En Gaule, le taureau est souvent représenté avec trois cornes (on connait l'importance du chiffre 3 chez les Celtes). Il est important dans la mythologie et la vie quotidienne des Celtes (cf la razzia de bétail de Cualngé). Le vol de bovins est probablement au coeur de nombreus conflits entre différents groupes et il joue un rôle important lors les fêtes. On trouve la présence de cet animal dans le mythe dès 3000 ans avant J.-C. en Sumérie. Enlil, le dieu taureau, est alors vénéré comme dieu de l'orage et de la fécondité. On le trouve dans les combats de taureaux de Crête, dans les sacrifices rituels et à Rome. Un sacrifice de taureau est d'ailleurs représenté sur le célèbre chaudron de Gundestrup.

Le taureau ne semble pas avoir eu une valeur symbolique exclusive de virilité et il n'est pas certain que sa signification première soit à rechercher dans la dualité ou dans l'opposition sexuelle avec la vache. Le taureau est en effet, en Irlande, l'objet de métaphores surtout guerrières. Un héros ou un roi de grande valeur militaire est souvent appelé le taureau du combat. D'autre part, le taureau est la victime de ce qu'on appelle en Irlande le festin du taureau, première partie du rituel de l'élection royale, telle que la raconte le texte de la Maladie de Cuchulainn. On sacrifie l'animal, un poète mange de la viande, boit du bouillon à satiété, s'endort et, dans son rêve, voit le candidat-roi qui doit être choisi par l'assemblée des nobles. La seconde partie du rituel (qui concerne le roi élu) a pour victime le cheval, mais il est tout aussi guerrier que lui et le sacrifice des taureaux blancs raconté par Pline (Hist. Nat. 16, 249) à propos de la cueillette du gui est un ancien rituel royal, ayant perdu toute raison d'être par suite de la conquête romaine et de la disparition de toute vie politique indépendante. Car le taureau est, comme le cheval , un animal royal : Deiotaros taureau divin. Des tétrarques galates ont porté ce nom parce qu'ils étaient rois, et non parce qu'ils étaient prêtres, comme on l'a quelquefois supposé à tort. Cette connotation renvoie directement au binaire cheval-taureau de l'art paléolithique (le couple cheval-taureau occupe toujours la place centrale des représentations pariétales animales, d'après Leroi-Gourhan).

Le taureau est bien un animal primordial. Dans le récit de la Razzia des Vaches de Cooley, où un taureau brun et un taureau blanc se combattent à mort, l'un représente l'Ulster et l'autre le Connaught : les posséder signifie posséder la souveraineté guerrière, d'autant plus que l'un et l'autre ont l'intelligence et la voix humaines. Ils sont nés de la métamorphose des deux porchers des rois du Sud et du Nord de l'Irlande et ils ont passé par divers états animaux. En Gaule, l'iconographie comporte un taureau aux trois grues (équivalent probable des cygnes insulaires) et un taureau à trois cornes, lequel est probablement un symbole guerrier incompris à l'époque gallo-romaine : la troisième corne doit représenter ce qu'en Irlande on appelle le lon laith ou lune du héros, espèce d'aura sanglante qui jaillit du sommet du crâne du héros en état d'excitation guerrière. On peut noter en annexe que le nom de bison a survécu dans le toponyme de Vesontio, ancien nom de Besançon.


Tasgos / tascos / taxos : (blaireau)

Le blaireau dans la tradition celtique a une valeur péjorative. Sous sa forme celtique *tasgos, nous le retrouvons dans des noms de personne : Pratsutagos, Moritagos, Tasgétios, etc...

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982: "Dans le récit gallois du Mabinogi de Pwyll prince de Dyfed, le rival de Pwyll auprès de Rhiannon, Gwawl, est enfermé dans un sac magique au terme d'une contestation riche en rebondissements. Chacun des hommes de Pwyll vient alors lui donner un coup de bâton. C'est ce que le texte gallois appelle le jeu du "blaireau dans le sac". Le symbolisme de l'animal est pris ici en mauvaise part, sans qu'on puisse mieux le définir. Il semble que le jeu ait pour but de symboliser le châtiment infligé à l'homme pour ce qu'il comporte de blaireau en lui, le blaireau dans le sac, la ruse et la roublardise ; et il est frappé à coups de bâton, pour que sorte de lui sa part de blaireau, qu'il se délivre de sa malice et de sa prétention."


Tinca : (tanche)

Nom gaulois de la tanche que nous est donné par Ausone (La Moselle, 127). Ce mot s'est conservé dans la langue française avec tanche, via un vieux-français tenche.

Ausone, La Moselle, 127: "quis non et uirides, uolgi solacia, tincas norit et alburnos, praedam puerilibus hamis, stridentesque focis, opsonia plebis, alausas"

Traduction : "Qui ne connaît la verte tanche, ressource du vulgaire, et l'ablette, facile proie des hameçons de l'enfant, et l'alose grillée au foyer pour le régal du peuple ?"


Trogia : (truie)

Nom gaulois de la truie déduit du bas-latin troia attesté au VIIIème siècle après J.-C (Gloses de Cassel). Rapproché de l'ancien irlandais trog (accouchement, mise bas). La prolificité de la truie serait donc à l'origine de son nom gaulois. Le nom actuel de la femelle du porc provient de ce mot gaulois

Turcos : (sanglier)

Il est le symbole de la combativité et de l'invincibilité (utilisé sur le carnyx), mais aussi celui de la classe sacerdotale (pouvoir spirituel). Il représente le prolongement de Lug et Esus sur la terre. Il possède la connaissance, c'est pour cette raison que les rois et héros des textes légendaires celtiques cherchent à le capturer. En Gaule, on ne part jamais à la chasse au sanglier sans avoir au préalable consulté les puissances surnaturelles. Le sanglier apparait sous diverses formes à travers toute l'Europe : cimiers de casques, gravé dans le métal ou encore sculpté dans la pierre. Les Celtes de Gaule et d'Allemagne le considère comme un symbole de fécondité jusqu'au Moyen Age. Les Scandinaves croyent aussi à l'existence du sanglier, plus exactement à celle du cochon magique qui peut être tué et remangé chaque jour. Citons aussi le cas d'une druidesse qui annonce à Dioclétien, qu'il ne pourra être empereur que lorsqu'il aura tué un sanglier, "la druidesse répliqua : ne plaisante pas, Dioclétien, car tu seras empereur quand tu auras tué un sanglier." (Flavius Vospicus, Histoire Auguste, Carus, Carin et Numérien , XIV, 2-3)

J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Laffont / Jupiter, Paris, 1982: "Le sanglier figure très fréquemment sur des enseignes militaires gauloises, en particulier sur celles de l'Arc de Triomphe d'Orange et sur des monnaies de l'indépendance. On possède un assez grand nombre de sangliers votifs en bronze et de nombreuses représentations sur des reliefs de pierre. L'animal n'a cependant rien à voir avec la classe guerrière, si ce n'est pour s'opposer à elle en tant que symbole de la classe sacerdotale. Le sanglier est, comme le druide, en rapport étroit avec la forêt : il se nourrit du gland du chêne et la laie, symboliquement entourée de ses neuf marcassins, fouit la terre au pied du pommier, arbre d'immortalité. Confondu avec le porc, dont il se distingue du reste très mal (les Celtes avaient des troupeaux de porcs vivant pratiquement à l'état sauvage), le sanglier constitue la nourriture sacrificielle de la fête de Samain et c'est l'animal consacré à Lug. Dans plusieurs récits mythiques, il est question du porc magique qui, dans les festins de l'Autre Monde, est toujours cuit à point et ne diminue jamais. Au grand festin de la fête de Samain, le 1er novembre, la nourriture principale consiste en viande de porc. Moccus porc est un surnom de Mercure dans une inscription gallo-romaine de Langres. Le twrch trwyth (irl. triath roi), qui s'oppose à Arthur, représente le Sacerdoce en lutte contre la royauté à une époque de décadence spirituelle. Le père de Lug, Cian, se transforme en porc druidique pour échapper à ses poursuivants. Il meurt toutefois sous forme humaine. En aucun cas, et pas même dans des textes irlandais d'inspiration chrétienne, le symbolisme du sanglier n'est pris en mauvaise part. Il y a là une contradiction entre le monde celtique et les tendances générales du christianisme. On pense par association d'idée à Dürer, remplaçant, près de la crèche de Noël, le boeuf et l'âne par le sanglier et le lion."
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