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 Sciences dures molles et éthérées

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Draugaran

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Date d'inscription : 05/10/2012

MessageSujet: Sciences dures molles et éthérées   Jeu 14 Mai - 20:14

esquinancie : se définit encore au 17ème siècle comme une "humeur venteuse et suffocation de sang" qui se traduit par de la fièvre et une inflammation de la langue et de la gorge. La médecine populaire utilisait la dent pilée de sanglier pour la guérir

nigromance : croisement du grec necromantia (évocation des morts dans un but de révélation) et de mancie (magie) associée à niger (noir)

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Sarani
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Messages : 2051
Date d'inscription : 18/08/2012
Age : 574

MessageSujet: Re: Sciences dures molles et éthérées   Sam 6 Mai - 19:03

Ainsi que l'a rappelé M. Hauréau, l'évêque Théodoric, dans sa Chirurgie, parle d'une préparation soporifique employée pour prévenir la douleur pendant les opérations. Cet évêque, de la ville maritime de Cervia, près de Ravenne, chirurgien, de l'ordre des frères Prêcheurs, mort en 1298, selon Dezei- meris (1), indique même deux préparations anesthésiques.

L'une aurait été formulée par Hugues de Lucques, l'autre par lui-même, Théodoric. La première, due à maître Hugues ou Hugon de Lucques, dominicain, provincial de Rome vers la fin du xnie siècle (1299-130/1 suivant Chevalier (2)J, est la plus fréquemment indiquée dans les manuscrits, dans les éditions imprimées de Théodoric.

«Confectio saporis a chirurgia faciendasecundum dominum Hugonem sic fit. Re. opii, et succi mori immaturi, hyoscyami, succi conidii, succi foliorum mandragores, succi ederœ arbo- reee, succi mori sylvestris, sem. lactucae, seminis lapathii quod habet poma dura et rotûnda, et cicutae, ana une. 1 ; haec omnia in unum commisce in vase aeneo; ac deinde in istud mitte spongiam novam; quod totum ehulliat, et tamdiu ad so- lem canicularibus diehus , donec omnia consumât; et decoqua- tur in ea; quoties autem opus erit mittas ipsam spongiam in aqua calida per unam horam; et narihus apponatur; quousq. somnumeapiat : qui incidendus est : et sic fîat chirurgia; qua peracta, ut excitetur, aliam spongiam in aceto infusam, fréquenter ad nares ponas. Item fœni. radicum succus in narcs immittatur, mox expergiscitur (3). »

La seconde préparation anesthésique, un peu moins poly- pharmaque, formulée et indiquée par Théodoric ou Téderic, est donnée, après celle de Hugues, dans un manuscrit du xiv" siècle portant le numéro 11996 du fonds latin de la Bibliothèque nationale :

«Item alia confectio qua paciens non senciat inscisionem. Re. opii-suci iusqsm-suci more agrestis immature-se lactuce- suci sicute ana 1. R omnia in unum commisce in vase eneo et sic ibid mitte spongiam novam in canicularibs diebs et in ea omnia coquatur ad solem de consumât in spongia et quo- ciens opus fuit spongiam illam in aqua mitte per uniq hore et post adnares appone donec sompnum capiateterit sine dampno adipsum expergefaciend' ad sompnum. R spongiam simplicem cum aceto infusam ad nares pone. it. sucum feniculi et sucum rute et mitte ad nares et mox evigilabit (1). »

De ces deux préparations, l'une, composée d'opium, de jusquiame, de mandragore, de ciguë, de laitue, de lierre, de morelle, de mure, de plantain, etc.; l'autre, d'opium, de jusquiame , de ciguë , de laitue , de morion (2) ; de ces deux préparations, Gui de Chauliac, à quelques différences près, sans donner les doses, indique la première. Mais il semble dire qu'à soii époque, au xive siècle, si quelques opérateurs avaient recours à des préparations analogues à celles du chirurgien evêque , d'autres se bornaient à prescrire l'usage d'une potion opiacée : Alii vero dant opium ad potandum (3\

Aussi Jehan Canappe, traducteur de Gui de Chauliac, dit-il : « Aucuns, comme Theodoric, leurs donnent médecines obdormitives, qui les endorment affin que ne sentent incision, comme opium, succus morellae, hyoseyami, mandragorae, hae- derae arboreae, cicutae, lactucœ, et plongent dedans esponge et la laissent seicher au soleil, et quand il est nécessité ilz mettent celle esponge en eaue chaulde et leurs donnent à odorer tant qu'ilz prennent sommeil et s'endorment , et quand ilz sont endormis ilz font l'opération. Et puis avec une autre esponge baignée en vinaigre et appliquée es narilles les es- veillent, ou ilz mettent es narilles ou en loreiile succum rutœ ou fœni, et ainsi les esveillent comme ilz dient. Les autres donnent opium à boire W. »

Laurens Joubert, autre traducteur de Gui de Ghauliac, n'ajoute rien non plus qui puisse éclairer davantage sur la valeur et l'emploi de cette préparation aneslhésique i2).

Dans sa Magie naturelle, Jean-Baptiste Porta, après avoir également parlé d'une pomme somnifère composée d'opium , de mandragore, de suc de ciguë, de semences de jusquiame et de musc, préparation qui, conglobée en masse de la grosseur du poing, par olfaction détermine le sommeil, indique aussi qu'une quintessence, faite avec des substances somnifères, et conservée dans des vases de plomb hermétiquement fermés jusqu'au moment où elle est placée sous les narines, détermine le plus profond sommeil en abolissant ie sentiment. Toutefois, ces anesthésiques par olfaction, quoique connus par les médecins instruits, ne sont pas donnés comme étant employés pour les opérations chirurgicales.

«Pomum somnifïcum conficere. Constat enim opio, man- dragora;, cicutse succo, hyoscyami seminibus, hisq. moschum additur; ut odore illectum olitorem feriat, in pilam conglo- bato, quantum pugno quis comprehendat, hoc sœpius odo- rando lumina somno demulcet ac ligat. . . Sed ex quam plu- ribus dictorum quinta essentia extrahitur somniferfs menstruis : hoc plumbeis vasculis clauditur, sed optime operculatis, ne minimam auram expirent, nam evanesçeret medicanienlum, Utendi tempore, amotô operculo, dormienti naribus admove- tur, subtilissimamq. vim halitus haurit olfactu , itaque sensus arcem obsidet, ut profundissimo demergatur somno, non nisi maximo conatu experrecturus.. . . . » Haecsolerti medico clara sunt, impio obseura(J). »

En Orient, comme en Europe, on aurait anciennement fait usage de substances anesthésiques. Non seulement dans la plupart des pays orientaux on ingère du chanvre, du has- chich, sur les propriétés enivrantes duquel M. Sylvestre de Sacy insistait en 1809 dans son mémoire sur la dynastie des Assassins (2). Non seulement en Judée κ on donnait souvent aux suppliciés du vin mêlé d'encens, de myrrhe et d'autres drogues fortes et capables d'engourdir pour leur faire perdre le sentiment de la douleur, » ainsi que l'indique M. Tourdes (3). Aussi .l'Évangile selon saint Marc dit-il qu'à Jésus crucifié on présenta «à boire du vin mêlé avec de la myrrhe »(4). Mais M. Stanislas Julien a rappelé qu'en Chine, Hoa-Tho, célèbre médecin qui existait vers 220 ou a3o de notre ère, sous la dynastie des Wei, d'après le Kou-Mn-i-tong &\ «donnait au malade une préparation de chanvre
j » , qui le rendait « aussi insensible que s'il eût été plongé dans l'ivresse ou privé de la vie. '» Alors , suivant les cas, il pratiquait des ouvertures , des incisions, des amputations. Après un certain nombre de jours, «le malade se trouvait rétabli sans avoir éprouvé, pendant l'opération, la plus légère douleur. » Ce ma-yo, drogue ou médecine de chanvre, suivant les Annales de Han, était pris dans du vin, sous forme d'une «poudre appelée tnafo-son (chanvre distillé, poudre), c'est-à-dire poudre contenant les principes narcotiques du chanvre, obtenus par une longue ébullition ou par la distillation M.»

Suivant M. le Dr Ern. Martin , encore maintenant en Chine, dans le vin appelé tsi-tsing, qu'il est d'usage de donner aux malheureux condamnés aux supplices, on mêle soit des drogues excitantes, soit des drogues stupéfiantes (2).

Citation :
Des anesthésiques dans l'Antiquité et le Moyen Âge  
[article] séance du 15 mai 1885 sem-linksem-linkGustave Lagneau / Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres / Année 1885 / Volume 29 / Numéro 2 / pp. 163-172 / Fait partie d'un numéro thématique :  Avril - Mai - Juin
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